Les Baléares Imposent 15 Ans de Résidence pour le Plus Grand Projet de Logement Public à Majorque
Le marché immobilier des îles Baléares, déjà l'un des plus tendus d'Espagne, fait face à de nouvelles dynamiques avec l'annonce du plus grand projet de logement public à Majorque. Cependant, cette nouvelle s'accompagne d'une exigence controversée : une résidence légale de 15 ans dans l'archipel pour pouvoir prétendre à l'un de ces nouveaux logements. Cette initiative, portée par le gouvernement des Baléares en collaboration avec le Consell de Majorque, prévoit la construction de 323 Logements à Protection Officielle (VPO) sur une parcelle de plus de 33 000 mètres carrés adjacente au Velòdrom Illes Balears à Palma. La présidente du Govern, Marga Prohens, et le président du Consell de Majorque, Llorenç Galmés, ont formalisé lundi la cession gratuite de ce terrain, évalué à 4,6 millions d'euros, avec un investissement initial prévu de 3,4 millions d'euros pour le projet.
L'exigence des 15 ans de résidence a généré un malaise considérable parmi diverses organisations citoyennes et sociales, qui la qualifient de 'discriminatoire et inefficace'. Cette politique suit la ligne de celle mise en œuvre aux îles Canaries, où 12 ans de résidence sont requis pour accéder au logement social, suscitant des critiques similaires. Le conseiller au Logement, José Luis Mateo, a défendu la nécessité de ce filtre dans un contexte de prix d'achat et de location flamboyants, aggravé par l'acquisition continue de propriétés par des citoyens étrangers. Bien qu'il ait été déclaré projet résidentiel stratégique pour accélérer son traitement à environ un an et demi (contre dix ans habituellement), la livraison de ces logements n'est pas attendue avant la prochaine législature. Avant le début des travaux, l'urbanisation du terrain sera nécessaire et un concours d'idées est prévu pour la conception. Ces 323 unités font partie du plan ambitieux du Govern de promouvoir près de 1 200 logements publics par l'intermédiaire de l'Institut Baléare du Logement (Ibavi).
Pour ceux qui cherchent un logement à Majorque, cette réglementation représente une barrière supplémentaire. Les résidents qui travaillent et contribuent à l'économie locale mais ne satisfont pas à l'exigence de longue durée de résidence seront exclus, exacerbant la difficulté d'accès à un logement abordable. Le conseiller Mateo a expliqué qu'en plus des VPO, la convention inclut la cession de 35 logements protégés à usage social, un local d'environ 400 mètres carrés pour un espace de répétition de groupes musicaux et un terrain d'environ 3 000 mètres carrés réservé aux futurs équipements insulaires, cherchant à offrir des solutions au-delà de la simple construction. Ce scénario souligne l'urgence de trouver des équilibres entre la protection des résidents et la dynamisation du marché immobilier dans l'une des régions les plus attractives d'Espagne.